17 aprile 2015

Uscita dal cinema

Ieri sera, all'uscita dal cinema, ho incontrato alcuni vecchi amici che non vedevo da un po' (soprattutto in inverno "si esce poco la sera, persino quando è festa..."). Bei volti, qualche ruga in più, e le amiche, forse, qualche linea rotonda di "troppo" – virgoletto perché in realtà sono solo linee giuste, quelle che segnano il tempo che passa anche per i guerrieri... Già, ché così sono ancora per me gli amici di sempre, con il loro parlare pacato tra disincanto e ironia, delusioni tante, ma nessuna medaglia da stronzi appuntata nel petto.

13 aprile 2015

Andarsene, passare, ritornare

È ripartito che ancora era buio. Appena calato il maestrale che li aveva tormentati per cinque lunghi giorni.
E lei si stupiva sempre per quel sapore d'acqua e sale sulla faccia, guardando gli aerei staccarsi dalla pista lucida di pioggia, la gente andarsene, passare, ritornare.
/.../

Tornava il silenzio sui suoi passi, e lasciava lì per terra quel senso di buco e d'ingiustizia.
Il vento era calato e ripercorrendo verso sud l'orientale che costeggia il mare, anche lei ritrovava la sua calma.

«É partito. Io sono qui.»

La moltitudine di corvi sui fili elettrici, entrando nel territorio di Nascar, l'accolse stavolta come in un abbraccio
Era una sera di giugno che pareva gennaio. Medioevo, un mondo alla rovescia e senz'ali.
Dentro le case la malinconia si depositava sui vetri sotto forma di vapore acqueo: pareti dietro pareti, all'infinito.
Troppe cose non avevano senso.
Come l'abitudine di morire e far morire che esisteva tra la gente.

Nascar, p. 39

12 aprile 2015

Pour les choses disparues

Quelle cose scomparse, parole (Choses disparues, mots – ou, si l’on veut se rapprocher du rythme du vers italien: Pour les choses disparues, des mots...) est un roman qui revêt la forme d’un dictionnaire, comme l’indique le sous-titre: une sélection de mots, dont chacun est profondément lié à la mémoire des «choses» vécues à la première personne par l’auteur, et qu’il évoque à travers une vision ironique et humoristique, mais aussi tragique, de la réalité.
De A à Z (le livre s’ouvre toutefois sur une date emblématique de l’histoire de l’Italie contemporaine, le 12 décembre 1969, quand, écrit l’auteur, «à la banque de l’Agriculture, à Milan, explosent deux  bombes d’une extrême puissance: c’est un carnage, on accuse les anarchistes, la gauche — le pays est bouleversé. Mais d’autres comprirent, et le 12 décembre de l’année suivante commencèrent à chanter: ♪♫ le 12 décembre, une année était passée depuis le jour des bombes du massacre d’Etat... Et puis l’année suivante, et la suivante encore, et encore celle d’après: on aurait cru pour toujours...». L’Italie des années soixante-dix, celle qu’évoquent certains films de Nanni Moretti, est très présente dans ce dictionnaire où se reconnaît aussi toute une génération, celle qui prit part aux luttes studiantines de cette époque...), de A à Z , donc, chaque chose, publique ou privée, intime, est désacralisée, mais d’une manière qui révèle à la fois l’étendue d’une culture et la profondeur d’une réflexion littéraire caractéristiques de l’écriture de l’auteur. Une écriture dont l’originalité se manifeste aussi dans la construction de la trame. C’est à la fin de la lecture que se dessine cette trame, à travers les continuels échos de lemme en lemme, le labyrinthe des renvois insistants, mais qui invitent aussi le lecteur à une sorte de flânerie, et donnent au dictionnaire l’allure d’un roman. Filippo La Porta (qui s’est occupé de l’édition italienne) souligne le caractère très insolite de l’expérimentation tentée dans cette œuvre, en ce sens que l’auteur ne suit aucune mode; «il ne doit pas affirmer un parti-pris formel, n’entend pas démontrer la valeur d’une poétique, ne se laisse pas aller à de faciles déconstructions de la syntaxe ou à des néologismes velléitaires». L’expérimentation est mise au service, avec simplicité et efficacité, d’une écriture puissante, exigeante, ensorcelante. Une écriture imprégnée, il vaut la peine de le remarquer, par la fascinante imagination linguistique de l’ «immigré» qui a séjourné dans différents pays (l’auteur a vécu et vit en France et au Canada), et dans laquelle on sent fortement la mémoire de mots qui forment une sorte de «lignée»: ainsi l’italien s’enrichit, joue çà et là avec le grec, le latin, le sicilien, le romain, ou justement le français, la langue de l’immigration, devenue comme une seconde peau... Ce n’est pas par hasard que le roman s’achève sur un délicieux et très amusant «entretien avec l’auteur», écrit cette fois directement en français (mais «enrichi » d’un peu d’italien...) réalisé par la femme de Samonà, Sophie Jankélévitch: c’est peut être de là que pourrait partir le lecteur français, pour se faire une première idée de les Choses et mots disparus – ou, si l’on veut se rapprocher du rythme du vers italien: Pour ces choses, ces mots, disparus uvre et de sa structure, à travers l’affectueuse ironie de cette fausse conversation.
Roman comique, certes — mais voilà que le lecteur, au delà du comique, eprouvera autre chose, ou même, sans cesser de rire, se retrouvera à sourire, hypnotisé, comme s’il était pris dans un labyrinthe enchanté dont les portes tout à coup s’entrouvrent sur les espaces du tragique insensé de l’existence; car dans le livre il y a une autre grille, celles des «illustrations», comme l’auteur appelle les micro-histoires qui composent, avec la grille des entrées, le dictionnaire. En effet, si les entrées sont souvent amusantes («Cours doucement — disait en bon italien une mythique grand-tante sicilienne à son fils, coureur automobile professionnel — elle le lui disait, précisément, avant la compétition.»), la tonalité particulière des «illustrations» les contamine et leur donne de l’ampleur qui finit par nous plonger dans un monde différent. Le lecteur est pour ainsi dire embarqué dans un grand voyage à l’intérieur de l’âme, qui ne concerne plus seulement l’intimité du narrateur, mais celle de l’homme affrontant et cherchant à conquérir la réalité. Ce n’est pas un hasard si certaines de ces illustrations mettent en présence des personnalités très différentes, traversées par des conflits intérieurs au bord de l’explosion (et qui, dans certains cas, explosent), figures d’une aventure humaine jamais simple ni sereine, où pourtant s’exprime, avec l’angoisse du vivre, une sorte d’ivresse de l’esprit et des sens.
Samonà est là, tout entier, dans ces histoires brèves, denses et fulgurantes, où il révèle aussi une qualité extraordinairement classique pour un écrivain d’aujourd’hui, celle d’un perspicace investigateur de l’âme humaine.

Bastiana Madau (traduit de l’italien par Sophie Jankélévitch)

10 aprile 2015

Inept...

(L'ultimo post sul frienfi, a cinque minuti dalla fine.)

9 aprile 2015

2 novembre 2014

Per sempre amici

John Lurie e Jean-Michel Basquiat erano grandi amici. Dipingevano spesso insieme, oppure il primo si esercitava al sax mentre il secondo dipingeva. Lurie racconta che "c'era una meravigliosa quasi bambinesca libertà" nel loro modo di lavorare, "a volte passava qualcuno e si metteva a camminare sulla tela su cui stava dipingendo: a Jean-Michel non poteva fregarne di meno. È quello che mi piaceva di lui — anche se io non sono mai riuscito a raggiungere quel suo livello di abbandono. Se qualcuno mi cammina sulla tela, dico...". E niente, erano grandi amici, ma come spesso capita tra grandi amici avevano caratteri molto diversi. 
Così, soltanto ieri, con l'intervista di Angelo Aquaro a Lurie*, ho scoperto che il musicista dei miei adorati Lounge Lizards, nonché attore di amati vecchi film di Jim Jarmush, è anche un geniale pittore. C'è una parte dell'intervista che mi ha divertito particolarmente, tanto è surreale, allorquando Aquaro chiede conto del titolo dato al dipinto che ritrae una specie di fantasma bianco su campo verde, dove il titolo colpisce più del dipinto: "Il dipinto è bello e agghiacciante —  domanda Aquaro —, ma a proposito del titolo 'Ho bisogno di sapere se dopo la morte c'è vita e ho bisogno di saperlo piuttosto in fretta', ha ricevuto qualche risposta?". "Sì", risponde Lurie. "Sarebbe?". "No, guardi, non glielo posso proprio spiegare. Cioè, potrei anche: ma non ho nessuna intenzione di farlo qui." Un dialogo surreale, e a me sembra di vedere la faccia, la sua faccia com'era...
John Lurie e Jean Michel Basquiat
*John Lurie. Non ho fatto nessuna fine, La Repubblica, 2 novembre 2014, pp. 32-33.